17 règles pour lancer sa startup

Je souhaite réagir sur un article de Didier Durand sur 17 règles pour lancer sa start-up (d’après Andreas Göldi, que je ne connais pas).

Pour cadrer mes propos il faut savoir que je gère seul un site financier dont 100% des revenus sont produits par la publicité. Je travaille sur ce site depuis 2002, l’audience permet de générer des revenus corrects depuis 2005. En 2003 j’ai tenté un modèle payant qui s’est révélé catastrophique (99% de perte d’audience et revenus quasiment nuls). Pour en savoir plus.

1. “une idée n’a intrinsèquement pas de valeur. C’est l’exécution qui compte”.

Presque d’accord. L’idée a une valeur, c’est elle qui donnera une idée du potentiel de réussite. Il y a des idées qui ne rencontreront pas (ou auront du mal) à trouver un public. D’autres idées sauront rapidement avoir une audience significative. L’exécution est quand même le point le plus important, un mauvais design, des temps de réponse médiocres, une ergonomie catastrophique, un marketing défaillant plomberont la meilleure des idées. Une exécution parfaite pourra faire tourner une idée médiocre. Dans mon cas je savais déjà que mon idée avait un marché potentiel, je me suis attaché a faire un travail de qualité avec comme objectif de faire plus rapide, plus ergonomique, plus complet que la concurrence. Sans ça j’aurais eu du mal à décoller.

2. “Quelques douzaines de personnes réfléchissent déjà aussi à cette idée. Quelques unes d’entre elles ont commencé la réalisation”.

Tout à fait d’accord, l’Internet regorge d’entrepreneurs. Quand j’ai lancé mon site il y avait déjà plusieurs dizaines de concurrents potentiels puis sont venus encore des centaines de concurrents potentiels… Et pourtant je suis sur une niche pas bien grande.

3. “Si une idée est tellement originale que personne d’autre ne l’a eue, alors elle est probablement mauvaise.”

Sans opinion. Je me range plutôt du côté des suiveurs que des inventeurs.

4. “On peut toujours tenter d’améliorer une bonne idée du passé. Pour qu’elle devienne un grand succès de start-up, le saut d’amélioration doit être quantique!”

Pas d’accord. Si on parle de Google, Microsoft ou Dell OK. Par contre on peut reprendre de très bonnes idées du passé mais qui n’ont pas réussis à percer car mal exécutées (voir point 1). Pour moi l’auteur se contredit avec le point 1. Pour ma part j’améliore ce que je trouve sur le Web sans faire de saut quantique.

5. “Le service / produit orienté consommateur doit passe le seuil des 20%”:

Sans opinion. Je n’ai jamais mesuré combien de % de la cible mon site pouvait toucher. En fait tout dépend de la taille de la cible, si c’est des dizaines de millions de personnes toucher 5 à 10% permet de déjà faire tourner la boutique. Si c’est des milliers de personnes c’est moins évident. A mon avis ce seuil est variable suivant les secteurs.

6. “Le service / produit orienté entreprise doit avoir un client potentiel”

Sans opinion. Je n’ai pas de produit orienté entreprise.

7. “build it and they will come” n’est pas une stratégie”

Pourtant c’est ce que j’ai fait. J’ai fait mon site, la qualité était bonne, le bouche à oreille a fonctionné. Je n’ai pas fait d’effort de communication. D’un autre côté je n’avais pas de contrainte de temps, pas de charge.

8. “Google / Yahoo / Microsoft / R. Murdoch vont m’acheter au plus vite” n’est pas non plus une stratégie”

Dommage ça me plairait de vendre à un gros du secteur… Viser un rachat c’est spéculer. Pour spéculer il faut savoir ce qu’on fait connaître ses chances de gagner et ne pas mettre tout ses oeufs dans le même panier. Finalement c’est assez proche du trading 🙂

9. “Avoir un business model clair n’est pas une honte”

Encore heureux. Mon business model n’est pas forcement très clair mais je sais ou je vais et pourquoi je fais ce que je fais.

10. “Pouvoir livrer ce business model en une phrase n’est pas honteux non plus”

Mon business model en une phrase : “Créer du contenu a forte valeur ajoutée pour les traders sur devises débutants et expérimentés et vendre de la visibilité aux acteurs du secteurs”. je n’ai pas honte.

11. “Le business model change mais il faut toujours en avoir un”

Mon business model n’a pas vraiment changé depuis le début mais j’ai travaillé sur de nombreux nouveaux modèles.

12. “Le meilleur modèle reste celui du paiement direct par les utilisateurs”

Pas d’après mon expérience, l’expérience de certains concurrents et tous les business plan sur lesquels j’ai travaillé. Dans mon cas même si le marché de la pub s’effondre j’ai de la marge.

13. “Quand les revenus sont indirects (par ex. publicité), la situation est plus compliquée. Avec 2 provenances ou plus, c’est inextricable”

Non. Je rappelle quand même que mon site fonctionne avec une audience correcte depuis 2005 et que je n’ai donc pas connu la première bulle. J’en suis conscient.

14. “La publicité est conjoncturelle. La publicité online aussi”

Voir point 13

15. “Les mashups sont cools mais malsains: la dépendance totale à d’autres n’est pas bonne: elle est rapidement mortelle!”

99% d’accord. Il y a déjà tellement de facteurs d’incertitude que je trouve dangereux d’en ajouter d’autres. Si je monte mon business sur des API (Google map ou autres) et que du jour au lendemains elles passent payantes ou disparaissent je risque fort de couler ! D’un autre côté c’est parfois dommage de ne pas profiter des possibilités du web actuel quand on peut, il suffit juste de faire en sorte que ce soit un petit plus et pas la base. Pour ma part pas de mashup en production mais de nombreux tests.

16. “les fondateurs pensent trop (en permanence) ou trop peu (jamais) à leur stratégie de sortie”

J’y pense et puis j’oublie. Ce n’est pas un but mais rien n’est exclu. J’oriente de plus en plus mon site pour le rendre intéressant pour une acquisition “au cas ou”.

17. “La réalisation dure toujours plus que prévu. Toujours”

Ah ben oui… ça c’est le mot de la fin.