Etude qualitative de Twitter

Ca faisait un moment que je voulais écrire un billet sur les usages de twitter. Je voudrais utiliser cet outil de la façon la plus efficace possible.

Sur le compte @forex, associé à mon site pro, j’envoie des news sur Mataf, des signaux de trading et, plus rarement, je discute avec quelques “collègues” traders.

Jusqu’à aujourd’hui les signaux de trading étaient envoyés à la main… Travail fastidieux qui a fortement limité mes mises à jour. A partir de maintenant une mise à jour du site envoie une alerte sur un chat et sur twitter. Ceci en temps réel, je clique et c’est en ligne sur les 3 supports dans le quart de seconde.

Tout ceci est bien beau mais est ce vraiment utile de publier largement si les liens ne sont pas suivi malgré un peu plus de 2000 followers. D’ailleurs, est ce que le nombre de followers est important?

Thierry Crouzet a déjà traité ce sujet sous un angle purement quantitatif. Il est facile de multiplier le nombre de followers de façon relativement simple et automatique.

Ce matin je découvre via Presse citron un outil qui permet de connaitre le nombre de personnes qui ont cliqués sur les liens que j’envoie sur Twitter (uniquement si on utilise l’outil bit.ly). On a donc une approche qualitative

Alors je teste sur mes comptes :

  • @dauran following : 122, followers : 305. Moyenne : 42 clics par lien soit un taux de clic de 13.74%
  • @forex following : 865, followers : 2’223. Moyenne : 225 clics par lien soit un taux de clic de 10.1%

Et je teste d’autres comptes

  • @jeanlucr following : 81’793, followers : 80’637. Moyenne : 169 clics par lien soit un taux de clic de 0.21%
  • @aplusk following : 227, followers : 3’726’182. Moyenne : 14177 clics par lien soit un taux de clic de 0.38%
  • @CBOE following : 5’782, followers : 783’551. Moyenne : 549 clics par lien soit un taux de clic de 0.07%
  • @CMEGroup following : 2989, followers : 775345. Moyenne : 113 clics par lien soit un taux de clic de 0.02%
  • @dailyfx following : 12, followers : 1114. Moyenne : 179 clics par lien soit un taux de clic de 16.07%
  • @Korben following : 175, followers : 6084. Moyenne : 693 clics par lien soit un taux de clic de 11.38%
  • @pressecitron following : 630, followers : 9692. Moyenne : 314 clics par lien soit un taux de clic de 3.24%

J’ai repris l’exemple de Thierry (jeanlucr), @tcrouzet n’utilise malheureusement pas bit.ly

aplusk est le plus gros compte twitter. Il est recommandé par Twitter ce qui l’aide certainement à augmenter son nombre de followers

CBOE et CMEGroup sont les comptes officiels des bourses de Chicago. Je les ai inclus car ils sont (étaient ?) dans les comptes recommandés par twitter, ce qui explique leur grand nombre de followers.

dailyFX envoie un flux de news sur le forex.

Korben et pressecitron ont des comptes similaires en taille mais Korben filtre ses followers.

Ces stats sont imprécises car elles ne tiennent pas toujours compte des RT. Il peut donc y avoir plus de clics attribués à un compte qu’en réel. Disons que la moyenne reste à peu près correcte.

Constatations

Les comptes qui utilisent des techniques “enlarge your followers“, volontairement ou non, ont des taux de clics relativement faible (<0.5%). Les suiveurs ne sont pas assidus.

Filtrer son compte (@korben) limite certainement beaucoup le nombre de followers mais augmente significativement le taux de clic (>11% à comparer à >3% de pressecitron)

Mon compte @dauran avec peu de followers, pour lequel je ne fais pas vraiment de promo agressive a un taux de clic >13%. Je pense que les suiveurs sont des utilisateurs réguliers de twitter comme ceux de Korben, d’ou un taux de clic similaire. Mais là je suis peut être présomptueux…

Conclusion

En dehors d’un aspect purement marketing qui flatte l’égo, le nombre de followers importe peu (là c’est bon pour moi). La qualité de sa communauté dépend fortement de sa capacité à la filtrer.

Les comptes les plus influents sont donc certainement en partie invisibles. Ils n’ont peut être pas de nombreux followers mais ils sont très suivis et certainement très retwittés.

Pour finir, cette étude n’a rien de scientifique, il existe de nombreuses failles. Mais elle permet de donner un petit aspect qualitatif à certains comptes sur twitter.

Les sites communautaires

Souvent je me demande si je ne devrais pas accentuer le côté communautaire de mon site sur le Forex. Les sites communautaires s’auto entretiennent, le contenu est mis à jour en continu et ne coûte pas grand chose, sur un des derniers billet il y a eu un commentaire dans ce sens. Mais il y a quelques points à prendre en compte avant de faire ce virage :

Modération : Il faut éviter les dérives et donc modérer un minimum tout ce qui s’écrit. Il faut donc tout lire et rester attentif lors des périodes de tensions entre membres.

Animation : Sans animation une communauté n’existe pas. Il faut être souvent présent et lancer les débats ou répondre aux autres membres.

Technique : techniquement une communauté c’est des scripts relativement complexes et des bases de données. ça demande plus de maintenance q’un simple CMS car il y a de nombreux utilisateurs donc de nombreux bugs découverts chaque jour.

Diplomatie : lorsque la communauté est en place c’est elle qui dirige le site. On ne peut plus prendre des décisions unilatérales sans prendre le risque d’une rébellion et de la fuite de membres importants. Qui dit fuite de membres important dit fragilisation du site.

Les sites communautaires sont donc pratiques lorsqu’on n’a pas vraiment une expertise dans un domaine et qu’on n’est donc pas capable de générer le contenu soi même. Le principal travail consiste à mettre en place et maintenir une plateforme technique et d’animer la communauté (une connaissance superficielle du domaine peut parfois suffire).

Bien entendu on peut essayer de créer une communauté lorsqu’on a une grande expertise d’un domaine, ce n’est pas interdit, mais dans ce cas j’estime que c’est une perte de temps. Au lieu d’animer des discussions, souvent d’un niveau débutant (ce n’est pas négatif, c’est une simple constatation), et de corriger les bugs découverts par les membres il est plus intéressant de produire du contenu. La valeur ajoutée est plus grande.

Ne pas créer de communauté m’a donc

  • évité de passer 80% de mon temps sur des problèmes “mineurs” qui ne font pas vraiment avancer le site et donc de me concentrer à 100% sur l’avenir du site.
  • permis de créer un site plus stable car la qualité ne dépend que de moi et non des membres actifs du moment (et les membres actifs restent rarement de nombreuses années)
  • facilité la monétisation. Une discussion négative sur un forum peut avoir des conséquences fâcheuses chez certains sponsors (expérience vécue).
  • libéré du stress. On gère un site et pas des humains… Et c’est très différents 🙂

J’ai fait cette constatation avec mon expérience mais je ne suis pas le seul. Le contenu généré par les utilisateurs a moins le vent en poupe et certains sites préfèrent se tourner vers du contenu pro ou semi pro, voire carrément faire du BtoB (je n’ai pas d’exemple précis en tête mais des derniers mois j’ai lu pas mal d’articles sur le sujet).

Malgré tout ça j’ai souvent la tentation de monter une communauté. En général je me pose 5 min pour réfléchir et j’abandonne l’idée.

A force de prendre le temps de poser le pour (fidélisation, contenu généré à peu de frais…) et le contre (voir ci dessus) j’avoue quand même que j’ai un modèle en tête qui garde certains aspects positifs et arrive à filtrer le négatif. Ce modèle est proche du blog avec une plus grande liberté des visiteurs. Ca peut s’apparenter à une communauté dictatoriale dans laquelle la démocratie n’est qu’apparente 😉

La suite au prochain numéro… Peut être…

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