Estimer la valeur d’un site Internet (ter)

Troisième volet de l’estimation d’un site internet. Les épisodes précédents

  1. Estimer la valeur d’un site Internet
  2. Estimer la valeur d’un site Internet (bis)

Carl de Valoro.be, spécialisé dans l’estimation des jeunes entreprises, a posté un commentaire très intéressant :

Permettez-moi d’apporter mon grain de sel en tant que praticien de terrain.

Arnaud, dans le cas de votre site Web aucune des cinq méthodes classiques identifiées n’est raisonnablement applicable. Votre expert-comptable aurait pu également vous parler, pour suivre sa logique, de la technique d’évaluation des entreprises émérgentes ainsi que de la méthode de l’earn-out, deux techniques qui seraient plus pertinentes dans le cadre de votre projet d’apporter votre site Web dans le capital d’une nouvelle structure à créer.

Mais de toutes façons aux yeux d’éventuels business angels (investisseurs providentiels) susceptibles d’entrer dans le capital de la structure que vous vous apprêtez à monter (Sébastien a eu une bonne intuition à ce sujet), seules leurs propres méthodes empiriques d’évaluation auront cours. Les méthodes empiriques procèdent à un calcul de la valeur de l’entreprise à terme sur la base des perspectives de rentabilité et de développement contenues dans le business plan de la start-up qui ouvre son capital.
En ce sens, on n’est pas loin de l’approche dynamique que vous énonciez, mais avec quand même toute une série de différences.

Quentin est plus proche de la réalité des investisseurs quand il préfère se baser sur un RN annuel plutôt que sur le CA. Mais ici encore les professionnels de l’investissement à risque y apporteront quelques nuances…
Ceci dit, tabler sur le postulat 1 EUR de RN annuel = 12 EUR de valo me semble à priori réaliste. Bien que d’expérience, pour votre secteur d’activité je pencherais plutôt vers le multiple 16, mais appliqué sur une moyenne des trois derniers exercices précédent ma sortie du capital (Je raisonne en tant que business angel).

Fort heureusement pour comprendre les méthodes empiriques des capitaux-risqueurs privés in n’est pas nécessaire d’avoir un DESS. Leurs méthodes sont plus simples sans être simplistes. Par ailleurs “Monsieur Glob” a également raison; l’évaluation est plus un art qu’une science et puis, “valeur” et “prix” ne sont pas synonymes!

Le plus simple dans votre cas serait de vous demander plutôt combien serait prêt à mettre un investisseur pour entrer dans le capital de votre nouvelle société.
Mais vous devez impérativement savoir que peu lui chaut votre volonté (souci) d’amortir et de vous rémunérer “normalement”. Cela n’entre pas en ligne de compte dans sa logique d’évaluation. Retenez donc que salaires+charges sociales+ impôts et dépenses n’entrent pas dans sa façon de valoriser votre start-up.

Pour vous donner un avant-goût de ce que peut valoir (à la grosse louche votre société) je vous dirai, en supposant (uniquement à titre d’exemple) que je veuille rentrer dans votre capital en janvier 2008 et en sortir en janvier 2012, tout en réalisant un plantureux bénéfice et en misant sur le fait que votre entreprise réalisera un bénéfice net de 500 000 euros dans 5 ans, que la valeur postmoney (une fois que j’aurai injecté du cash dans votre projet) de votre start-up est de 1 050 000 EUR.
Sur cette base, et tenant compte que je suis prêt à mettre 250 000 EUR dans le capital de votre nouvelle société, j’estime pouvoir demander en échange de mon investissement 24 % des parts.

Je n’ai pas le temps de développer davantage mon raisonnement cette fois-ci, mais si vous êtes intéressé j’y reviendrai.

Cordialement,
Carl
Ingénieur-conseil financier
Spécialiste en valorisation de start-up

J’avoue ne pas bien avoir saisi le dernier paragraphe. Est ce que ces chiffres sont basés sur le tableau que j’avais donné ?

La valeur postmoney est elle égale à la valeur actuelle du site + le montant de l’apport ? ce qui valoriserai le site actuellement à 1’050’000 – 250’000 = 800’000 ?

Quelle est la valeur estimée du site en 2012 ? RNx16 = 500’000×16 = 8Millions ?

Tout ceci est très intéressant, on trouve peu de professionnel qui écrive sur ce sujet sur le web…

Je relance Carl pour avoir des réponses 🙂

Renouvellement des noms de domaine

Je viens de renouveller en bloc tous mes noms de domaine pour 7 ans… Je crois que je viens de taper le débit max de ma carte bleue à peine 4 jours après le début du mois.

Maintenant je suis tranquille pour un long moment…

Analysons les stats de Novembre

Il y a quelques temps j’avais fait un bilan sur l’évolution de ma stratégie de conquête de l’audience au niveau mondial. En résumé : je suis passé d’une publication par jour à 2 en octobre puis 3 en novembre, actuellement je diffuse donc des analyses toutes les 8 heures pour couvrir les horaires des marchés financiers Européens, Américains et Asiatiques.

Le but avoué est de croître en Amérique et en Asie.  Et les résultats sont plutôt encourageant.

Au niveau de l’audience globale. La croissance en nombre de visiteurs absolus est de 15% sur 2 mois et 6% sur 1 mois, le nombre de visite, de temps sur site et de pages vues par visiteur a aussi augmenté significativement.

Le mois d’Octobre (apparition des news à 14h) a donné une forte croissance en Europe de l’ouest (+15%) et moyenne en Amérique du Nord (+5%), le Moyen Orient et l’Europe de l’est ont dépassés les +25%.

En Novembre (apparition des news à 23h) l’audience en Europe de l’ouest a connu une croissance moyenne (+5%) par contre l’Amérique du Nord a augmenté de +20% (+32% juste pour les USA), l’Asie du sud est a augmenté son audience de plus de 10%.

Qu’est ce qu’on en tire ? Le gros de l’audience arrive en fin d’après midi, cf la croissance sur les fuseaux GMT +3 lors des news de 14h GMT+1 (ce qui donne 16h local), et croissance des fuseaux GMT-5 à -9 lors des news de 23h GMT+1 (ce qui donne aussi environ 16h local).

Il faut donc que je me focalise plus sur la fin de journée plutôt que sur l’ouverture des bourses :

  • Pour développer l’Europe de l’Ouest : 16h/17h
  • Pour développer les USA 22h à 1h
  • Pour développer l’Asie de l’Est (Chine, Japon…) 7h à 8h

Ça ne change pas vraiment mes habitudes mais le point de 14h serait peut être plus productif à 16h/17h (en plus ça cible un peu mieux la Californie, plus gros apporteur d’audience aux USA).

Je ne prévois pas de gros changement de cap pour les prochains mois, je vais simplement continuer sur ma lancée et suivre l’évolution de l’audience Américaine et Asiatique. Le développement se fera en parti avec des partenariats mais j’en parlerai ici quand ce sera finalisé…

PS : sur la photo vous pouvez voir au loin la Chartreuse depuis ma fenêtre un matin de la semaine dernière (aujourd’hui il pleut, on voit rien à l’horizon…).

Combien on gagne avec un site Internet ?

On entend souvent parler de site à forte audience, des stars du web 2.0 mais on trouve rarement des infos sur les chiffres d’affaire ou les résultats. Pourtant c’est l’info principale. Bien sur il existe des sites montés pour être vendus à Google and co mais si on veut monter une boite viable il faut tenir compte du revenu potentiel qu’on peut tirer de son site.

Il existe deux grosses sources de revenu :

  • Soit on vend quelque chose aux visiteurs du site (service, livres, petites annonces, accès premium…)
  • Soit on vend son audience à des annonceurs (pub, affiliation…)

Si on vend quelque chose aux visiteurs

Le calcul des revenus est simple :

Revenu = Nombre de visiteurs * taux de transformation * panier moyen * marge

Ca fait 4 paramètres sur lesquels on peut jouer.

  • Nombre de visiteurs : Pour l’augmenter soit on achète de l’espace pub, soit on fait du référencement naturel, soit on a un super bon site et le bouche à oreille fonctionne tout seul, soit…
  • Taux de transformation : Pour l’augmenter on fait des tests sur la performance des pages, des formulaires, on améliore la crédibilité du site…
  • Panier moyen : Pour l’augmenter on utilise des recommandations d’achat (cf amazon), on fait des lots…
  • Marge : Pour l’augmenter on négocie avec les fournisseurs, on augmente les prix.

Tous ces paramètres sont maîtrisables, il faut simplement les connaître pour savoir si l’entreprise est viable sur le long terme.

Je ne développe pas plus car ce n’est pas mon domaine. D’autres le font mieux que moi.

Si on vend de l’audience aux annonceurs

Ca c’est mon domaine je peux donc plus facilement donner des exemples chiffrés.

Revenu = Nombre de visites * revenu par visite = Nombre de pages vues * CPM

Pour ma part j’utilise les deux formules. Je sais que en gros le nombre de visite quotidienne sera égal au nombre d’euros que j’encaisserai pour mon chiffre d’affaire (10’000 visites par jour = 10’000€ par mois). Une autre estimation : chaque page vue me rapporte environ 1 centime (1 million de pages vues = 10’000€). Tout ça plus ou moins 20%, ça donne une estimation.
Cette base de calcul est stable et correspond à Mataf (qui est un site de niche dans la finance). Chaque site aura ses propres paramètres.

Il y a deux paramètres :

  • Nombre de visites : pour l’augmenter on peut acheter des espaces pub (mais ce n’est pas forcement une bonne idée à court terme), on peut travailler le référencement. La meilleure solution consiste à donner un contenu à très forte valeur ajouté (ce qui attire les visiteurs et les annonceurs et fidélise tout ce beau monde)
  • Revenu par visite : pour l’augmenter il faut optimiser le placement des pubs pour améliorer la visibilité des annonces et donc le ROI des annonceurs, ils seront content et payeront plus facilement plus cher.

Mon expérience : Le nombre de visites de Mataf est relativement bien maîtrisé, j’arrive à occuper de nombreux canaux (bouche à oreille, référencement, fidélisation). Le revenu par visite est plus complexe car il nécessite un gros travail en amont (nombreux tests de performance) et de nombreuses discussions avec les annonceurs.

Des chiffres

  • Comment ça marche : CA 2006 200’000 Euros pour près de 3 millions de visiteurs uniques par mois. Modèle basé sur la vente d’espace pub. Franchement ça me parait faible, soient ils vendent mal leur truc soient… je ne comprends pas. En regardant de plus près la pub n’est pas bien ciblée, sur les fiches techniques j’ai de la pub pour paruvendu, airfrance. L’espace pub ne doit pas se vendre bien cher.
  • Pecheur.com : CA 2006 1.5 Million d’Euros pour environ 100’000 visiteurs uniques par mois. Sur Pecheur.com il y a de la vente, on sort du modèle publicitaire. 1.5Million c’est beaucoup mais je préfèrerai avoir le bénéfice qu’ils en tire.
  • Oboulo.com : Recette 2006 400’000 Euros pour environ 200’000 visiteurs uniques par mois. C’est encore un modèle basé sur la vente.
  • Marmiton.org : Résultat espéré pour 2007 550’000 Euros pour près de 1.5 millions de visiteurs uniques par mois. Les revenus sont basés sur la pub et la vente (livre et ustensiles de cuisine).
  • Boursorama.com : environ 2 millions de visiteurs uniques d’après médiamétrie (5 millions d’après bourso), 12.5 millions d’euros de produit d’exploitation pour la partie média (5.5% de leur revenu total). L’espace pub sur boursorama se vends très cher, de plus ils ont une base d’email impressionnante et très ciblée. Par contre ils ont besoin de pas mal de main d’oeuvre pour faire tourner tout ça.
  • Consoglobe.com : 360’000 visiteurs uniques mensuels pour 300’000€ de CA annuel (4.5 millions de volume d’affaire). C’est un site de vente avec une très bonne performance apparemment.

Une conclusion ?

Les revenus liés à la vente semblent meilleurs que ceux liés à la pub. Le modèle du gratuit n’est pas forcement la meilleure solution.

Si on s’acharne, comme moi, à faire du gratuit il faut avoir une bonne force de vente pour tirer un maximum de revenu de l’espace publicitaire. Boursorama est un exemple, 1 million d’euros par mois pour 2 à 5 millions de visiteurs selon la source. Pour comparer Mataf doit gagner 5 fois moins au visiteur et Commentcamarche.net 50 à 100 fois moins (ben oui, l’audience généraliste se vend moins chère). Ca me donne un bon objectif de progression car, comme Boursorama, je suis dans la finance et le trading. Pour atteindre cet objectif je me suis associé à une régie spécialisée.

Attention :

Tous les chiffres publiés ici sont tirés du web. Je ne garanti rien. Je les utilise pour connaître des ordres de grandeur. Je veux savoir si je suis 10, 100 ou 1000 fois moins performant que Boursorama. Savoir que c’est 12.33 ou 8.12 au lieu de 10 m’importe peu.

Quand je parle de vente de visiteur ou d’audience je ne considère par les personnes qui viennent sur mon site comme du bétail. Au contraire, je m’acharne à trouver des solutions pour leur donner du contenu de qualité gratuitement. Je finance le contenu avec l’argent des “grosses boites”.

Sources d’inspiration :