Regarde le passé, imagine l’avenir

Fixer des objectifs pour les années qui viennent est un exercice perilleux. Les objectifs de CA ou d’audience sont rarement dans les projections. Tant pis, je me plie quand même à l’exercice.

La méthode est rudimentaire, je prends l’évolution des années précédentes et je fais une rêgle de 3. Ca donne une idée de ce qui est envisageable et ça évite de réver en s’imaginant qu’on va tutoyer les sommets en 6 mois… Ben oui, à moins d’un miracle si on ne bosse pas plus il n’y a pas de raison que la croissance s’accélère.

L’audience trimestrielle a une croissance quasi constante, j’ai connu un creux en 2006 lorsque j’avais 2 boulots en parallèle. Curieusement le creux a été comblé dès que j’ai repris mon activité à 100%. Si je continue sur ce chemin je devrais enfin atteindre les 500’000 visites mensuelles en fin d’année et les 600’000 fin 2009.

Chiffre d’affaire, même combat, on prend les chiffres des années précédentes et on évalue le CA futur. Pour affiner un peu j’ai mis en parallèle le CA (courbe) et le nombre de visites (histogramme) sur l’année, j’ai une corrélation assez importante entre ces deux données, ce qui me laisse penser que si j’atteins mes objectifs d’audience je pourrais enfin faire l’aile ouest du chateau.

Si je travaille dans la continuité je devrais pouvoir atteindre ces objectifs. Si j’intègre un actionnaire (et donc un apport de trésorerie) et que je ne travaille plus seul sur la technique alors mes objectifs seront relevés de 50% sur 2 ans (ce chiffre n’est pas totalement basé sur du pifomètre).

Le chemin est tracé, il reste à essayer de le suivre sans se disperser. La stratégie de diversification géographique est le point clé pour continuer à réussir, la tentation de m’inspirer du web 2.0 est le meilleur moyen de me disperser.

Réseaux sociaux, monétisation et Web3

J’ai lu pas mal de billets sur le Web3. Si on fait le tri et qu’on enlève tout ce qui se rapproche du people j’en tire trois informations :

  • Il y a un doute sur l’avenir des réseaux sociaux.
  • Pas mal de société ont du mal à trouver un business modèle viable.
  • Il faut penser global.

Sur les réseaux sociaux (type facebook ou autre) je reste dans l’idée que ce n’est ni plus ni moins qu’une évolution des forums avec un peu plus d’options. Avec un peu de recul je pense que les blogs sont aussi une évolution des forums dans lesquels seule une personne lance les sujets, contrairement aux forums ou tout le monde peut le faire. L’avantage du forum c’est que les participants ne sont pas liés, ils peuvent passer d’un forum à l’autre sans avoir le sentiment de laisser tomber une communauté (sauf cas exceptionnel). L’inconvénient du forum c’est que les meilleurs participants sont souvent fondus dans la masse. Le contraire des blogs.

Avec les réseaux sociaux on revient un mode de fonctionnement identique aux forums. Dans quelques années il est probable que les sites de type Facebook tournent avec des millions de membres inscrits mais seulement une petite partie active (ceux qui ont participer ou tenus des forums comprendront). Et les plus actifs finiront par penser qu’ils donnent beaucoup de temps sans recevoir en retour. Et on reviendra sur un “mode blog” avec peut être des mini réseaux sociaux tournés vers une personne. On discutera alors de la façon de monétiser ces minis réseaux personnels (comme pour les blogs).

Et comme l’histoire est un éternel recommencement ça risque de se répéter infiniment. Je ne suis pas assez calé en histoire pour pouvoir dire si dans le passé (avant Internet) il y a eu des périodes “communautaires” suivies de période tournée vers le culte de la personnalisation. Un peu comme 68 = communauté et années 80 = réussite personnelle.

Je vous invite à lire l’Inspiration digitale de Daniel Broche dans lequel il compare le web à une ville et ou on trouve Microsoft comme un promoteur, Les navigateurs comme des automobiles, les annuaires comme des routes, Google comme le périph, les FAI comme les compagnies pétrolières, le web mobile comme la campagne et Android de Google comme l’Autoroute, Les blogs comme les pub, cafés et PMU, Facebook comme un parking en centre ville et les réseaux sociaux comme des bus, métros ou navettes… Si je suis d’accord avec la plupart des comparaisons, j’assimilerai plutôt facebook et autres réseaux sociaux (Youtube compris) aux cinémas, cafés, et autres lieux de détentes ou on vient flâner et discuter sans but précis. En effet on ne peut pas les comparer à des moyens de transport car ils nous emmènent rarement quelque part (en tout cas ou on avait décider d’aller), ce sont plutôt des impasses.

Si je parle de tout ça c’est pour mettre en évidence que Facebook et autres sites similaires ne devraient pas devenir le coeur du web comme on le lit parfois. Au plus ce seront des énormes parcs d’attraction ou des gigantesques complexes ciné. Si ils auront la possibilité d’en tirer des revenus conséquents ils ne seront pas irremplaçables. Les promoteurs et autres constructeurs de route ou compagnies pétrolières par contre ce sera moins évident de les renverser.

On arrive sur le deuxième point : la monétisation. Le web se cherche, il ne semble pas y avoir de modèle de revenu pour les sites communautaires. On veut du gratuit sans pub.

Si on vise le grand public je pense que le gratuit s’impose. Internet regorge d’information et il devient très difficile de la vendre. L’internet gratuit crée l’audience et la renvoie, moyennant finance, à des sites de e-commerce (j’inclus les ventes de marchandises, de services, bancaires…). Si on me demande quelle est le site parfait je répondrai que c’est celui qui arrive à produire le contenu gratuit afin de créer une audience puis de revendre ses propres produits à cette audience, ça a l’avantage de pouvoir cibler au maximum le contenu pour toucher l’audience parfaite pour nos produit. Un exemple : boursorama. De là à dire que pour lancer un site de e-commerce il est judicieux de construire en parallèle un site d’information sur le produit et tout ce qui tourne autour il n’y a qu’un pas (Saveur-Biere a été construit sur ce modèle).

La monétisation passe par cette compréhension. Les sites qui n’ont pas vocation à vendre quelque chose doivent inclure dans leur cahier des charges l’obligation de créer des chemins vers des sites commerciaux. Ca passe par les bannières de pub, l’affiliation, le sponsoring, la vente de liste de contact… Il y a certainement des idées à explorer dans ce sens, je m’y emploi chaque jour 😉 D’un autre côté les sites commerçants doivent connaitre les lieux de passages de leur futurs clients pour pouvoir ouvrir des chemins pertinents.

Et on arrive sur le dernier point : penser global. Même si c’est inclue dans ma stratégie je ne pense pas que ce soit forcement nécessaire. Comme dans la vie hors du web, le monde connecté peut faire vivre les grand groupes internationaux et les petits sites de quartier, les revenus seront moins importants mais les moyens à mettre en oeuvre aussi. Au final si la barque est bien menée le rendement devrait être au rendez vous. Il faut quand même dire que l’internationalisation est relativement simple sur le web et que c’est dommage de ne pas en profiter.