Monétisation des contenus Internet et Mobile

A force de bookmarker des études et des billets de blogs sur la monétisation je commence à en avoir de partout. Je vais en faire un bilan/résumé rapide. Je vais commencer par remercier Cédric Naux (directeur du dev numérique de Bayard Jeunesse) pour tout le contenu qu’il partage sur Twitter.

Monétiser les médias numériques

Une étude de Ernst & Young dans le cadre du Forum d’Avignon : “créer de la valeur que les consommateurs sont prêt à payer”. Dans cette étude on apprend que l’évolution de l’utilisation d’Internet aux états Unis est saturé – il ne progressera plus beaucoup- Par contre la croissance viendra des usages mobiles dans le monde, d’après cette étude on a encore 3 bonnes années de forte croissance.

La part de la pub sur Internet va passer de 15% du total des dépenses pub (affichage+radio+tv…) estimé à $362M pour monter à 20% en 2014, le marché devrait être alors de $460M. Soit une progression de 70% en 4 ans.

L’industrie des jeux a passé brillamment le passage de la monétisation sur mobile, le secteur de la presse est, par contre, décevant.

La fragmentation du contenu semble être une solution pour monétiser sur le Web. Exemple de la musique vendue à l’unité et non par album.

Le mythe du Freemium ou pourquoi le gratuit ne fait pas vendre

Un retour d’expérience très intéressant sur le modèle freemium. En gros l’auteur propose un produit en plusieurs version, une gratuite pour attirer le chaland, et une payante avec plus d’options. En résumé, moins de 1% de ceux qui prennent le produit gratuit vont finir par payer. Et si on enlève le produit gratuit pour ne proposer que la version payante on vend 10 fois plus. Ce retour d’expérience est à lire.

Sur le “Freemium Myth more data” on apprend que CrazyEgg a fait la même expérience et a doublé son chiffre d’affaire instantanément. A lire aussi : Le “Freemium myth” qui recommande de ne pas trop segmenter ses offres et de faire attention au modèle freemium…

Les 3 étapes du succès pour le freemium

Un article un peu en contradiction avec le premier dans lequel on apprend que Evernotes a un taux de transformation qui augmente avec le temps d’utilisation de la version gratuite. En gros, certains utilisateurs mettent beaucoup de temps pour passer à la version payante.

L’expérience ratée sur le modèle freemium relatée ci dessus a donc peut être un paramètre manquant : le temps. En laissant le modèle free assez longtemps il aurait peut être eu une bonne surprise au bout de quelques mois/années.

Le paywall est-il un succès ?

Il y a quelques mois Ruppert Murdoch a décidé de faire payer TOUS les lecteurs du Times. Bilan : forte chute du nombre de visiteurs, plus de visiteurs via les outils de recherche… Mais des lecteurs qui payent. Succès mitigé, il est un peu tôt pour savoir si l’audience va continuer à s’éroder ou s le nombre d’abonnement va se maintenir.

Monétisation des applis mobiles

Cela fait maintenant de nombreux mois qu’on (principalement Flo) travaille sur des applis mobiles sur Android et iPhone. Actuellement notre appli la plus téléchargée et un convertisseur de devises.

Cette application est gratuite et nous allons la passer payante aujourd’hui (il vous reste le temps qu’on boive tranquillement le café pour la télécharger gratuitement). Nous avons attendu d’avoir une appli qui réponde le plus possible aux attentes, nous avons donc suivi les conseils et recommandations des utilisateurs depuis 3 mois. Aujourd’hui, je pense que nous avons une appli parfaite pour le marché qu’elle cible, en tout cas les retours sont très positifs. La période de mise au point étant terminée nous arrêtons la gratuité.

Nous pensons faire un test sur 3 mois pour mesurer l’impact du prix sur les téléchargements. A la fin des 3 mois de tests on devrait en savoir un peu plus sur le potentiel de revenu sur les app mobiles. Aujourd’hui j’estime que le mobile pourrait surpasser les revenus web d’ici 3 à 5 ans pour nous… Rendez vous dans 3 mois pour voir si j’ai changé d’avis.

Le Chiffre d’affaire de quelques sociétés Internet en France

En France la plupart des sociétés doivent publier les comptes sociaux. En gros elles publient pour chaque exercice leur chiffre d’affaire.

Ces données sont publiques et accessibles en ligne sur des sites comme société.com.

On y apprend que

  • Komodo (chauffeurdebuzz) est une EURL avec un capital de 7500 euros et un CA de 590’000€ sur l’exercice qui s’est terminé fin juin 2008
  • Zlio est une SA au capital social de 110’000 euros et un CA de 390’000€ en 2007
  • Wikio est une SARL au capital de 3.7 Millions d’€ et un CA de 98’000€ en 2007 (il me semble que ça a fortement augmenté depuis…)
  • Netvibes est une SAS au capital de 3.2 millions d’euros et un CA de 220’000 euros en 2007
  • Web Rank Expert (éditeur de Webrankinfo) est une SARL au capital de 14’000 euros et un CA de 490’000 euros en 2007
  • Wengo, SAS au capital de 900 k€ et 870k€ de CA en 2007
  • Webwag, EURL au capital de 15’000 € et 30’000€ de CA en 2007

Ce n’est pas du temps réel mais ça permet d’avoir un référentiel. J’essayerais de ressortir ce billet chaque année pour voir l’évolution d’un micro échantillon du web français.

Certaines sociétés sont hyper rentables tandis que d’autres semblent vraiment galérer. Je pense (et j’espère) que les chiffres de 2008 devraient être meilleurs pour la plupart d’entre elles.

Si vous avez des suggestions de sociétés à suivre…

La partie immergée de l’iceberg

Ce week end je suis tombé sur une liste sensée représenter le top 30 des sites internet classés par leur revenu annuel. Comme souvent ces listes reprennent les entreprises que tout le monde connaît mais oublient les sociétés qui font moins de bruit.

Je ne prendrais qu’un seul exemple que je connais particulièrement bien. FXCM, un des plus gros broker sur le forex, a une activité exclusivement online et a enregistré des revenus en 2008 de 313 millions de dollars (24ème place du classement, juste devant facebook) et un EBITDA (profits avant impôts) de 131 millions de $. La croissance est de +78% sur un an (+365% pour les profits) et 2009 est parti très très fort.

Allez, un autre exemple avec 888 Holdings (casino online) qui devrait faire plus de 250 millions de recettes en 2008 (publication des résultats officiels le 30 Mars).

Tant que j’y suis, un dernier exemple bien français : Boursorama. 209 millions d’euros (270M$) pour un résultat avant impôts d’un peu plus de 68 M€ (88M$).

Il existe donc une vie en dehors des sites dont tout le monde parle. Tout ça pour dire qu’il y a de vrais filons dans les secteurs peu médiatisés.

Une nouvelle ligne droite

Depuis hier je gère de nouveau la vente d’espace pub en direct. Les performances étaient loin de mes espérances en 2008, cette décision me semble donc naturelle. Comme je l’avais déjà écrit, la grande différence vient d’un contrat exclusif de longue durée avec un seul annonceur : FXCM. FXstreet, une société espagnole qui possède le portail leader mondial sur le forex, qui gérait mon espace pub l’an dernier pense que c’est une erreur stratégique car je ne peux pas maximiser les revenus publicitaires, que je perds mon indépendance, et que les annonceurs risquent de ne plus revenir si je ré-ouvre les espaces pub.

Je ne pourrais effectivement pas “maximiser les revenus publicitaires”. Mais je n’ai jamais été dans une course à la croissance. Je travaille en famille là où Fxstreet a une véritable industrie avec une trentaine de salariés.

“Je perds mon indépendance“… Certainement mais je gagne en visibilité à long terme.

Les annonceurs risquent de ne pas revenir“. Jusqu’à présent presque tous les annonceurs m’ont demandé de les prévenir rapidement lorsqu’un espace pub se libère. Et il y a toujours Adsense qui, même si ce n’est pas extraordinaire, donne toujours beaucoup plus qu’un smic à lui seul…

Pour le moment je ne me fais pas trop de soucis puisqu’en plus, d’après Google trends, je viens de toucher le portail leader (cf le graphe ci dessus, forexfactory est un forum et dailyfx le site de contenu de mon annonceur)

Dans cette guerre d’audience Fxstreet compte lancer un site en français. Ils ont l’avantage d’avoir eu accès à 100% de mes stats pendant 1 an ce qui devrait leur donner un petit plus stratégique. Mais Mataf sera certainement moins touché que mes confrères en .fr vu que mon taux de croissance vient d’Amérique du Nord et d’Asie (véritable coeur d’audience du marché du forex).

Ma marge de progression d’audience est encore très élevée. Fxstreet compte 700’000 visiteurs uniques par mois, je suis à moins de 10% derrière mais j’ai un taux de croissance supérieur de 5 points (s’ils font +10% je fais +15%). Je devrais donc les dépasser ce trimestre. Par contre ils ont plus de visites par visiteurs et donc plus de pages vues, là encore l’écart se réduit rapidement.

Côté revenu, les espagnols comptaient sur un chiffre d’affaire de 4.1 millions de dollar en 2008. Ce qui me laisse penser que j’ai vraiment intérêt à continuer de creuser aux USA et en Asie, là ou les courtiers sur les changes se trouvent en majorité. Même si leur chiffre d’affaire vient en partie d’une activité d’apporteur d’affaire (ils touchent un pourcentage des gains des brokers durant toute la vie du client) ce que je ne compte pas faire tant que je resterais seul.

Si je résume : mon contrat pub sur 2 ans me permet de me concentrer sur le contenu. Cette stratégie d’un contenu de qualité plutôt qu’en quantité est très bénéfique sur l’audience. Mon objectif de passer devant tout le monde gagne donc en crédibilité… A terme je ne pense pas développer à outrance le chiffre d’affaire par contre le site pourrait devenir intéressant pour un groupe média ou un broker.

J’adore jouer à ce jeu d’échec sur le web.

Twitter et la Crise

Evan Williams est interviewé sur Bloomberg, une chaine de TV moins passionnante que Cartoon Network ou Comedy Central je vous le concède.

Le CEO de Twitter est interrogé sur l’impact que pourrait avoir la crise sur Twitter. Pour Evan le trafic ne devrait pas baisser à court terme et il a levé des fonds (15 millions?) cet été en prévision de l’hiver capitalistique… Comme toujours certains sont plus au courant que d’autres…

Une petite hésitation lorsque la présentatrice lui demande son business model. Pour le moment ils se concentrent sur la croissance et vont probablement implémenter de la pub en 2009.
Il ne pense pas à une introduction en bourse… C’est un peu tôt. Et n’a pas vraiment peur de la concurrence actuellement.

Donc, comme beaucoup Twitter est armé financièrement pour passer la crise, reste à trouver un business model pour profiter de la reprise qui suivra…

Personnellement je n’arrive pas à trouver de source de revenu originale pour un service comme twitter. Je ne crois pas que la pub soit un système générant assez de $ pour faire vivre la société. Une marque blanche n’a pas vraiment d’intérêt vu le peu de technologie qui se cache derrière ce concept. Reste les compte premium “à la flickr” dans ce cas il faudra trouver un vrai plus à offrir aux membres…

Etat de la blogosphère, commentaire rapide

On le lit partout, Technorati vient de publier l’état de publier l’état de la blogosphère. Je ne reviendrais pas sur le contenu de ce rapport qui a été traduit et commenté chez tubbydev, Didier Durand, Francis Pisani, Fred Cavazza ou encore Jean-Marie Le Ray.

Je retiendrais juste les commentaires sur la monétisation des blogs. D’après ce rapport les blogs qui ont plus de 100’000 visiteurs uniques sortent des revenus de 75’000$ soit 50’000€ par an. Cela étonne tout le monde y compris Techcrunch.

Alors 100’000 visiteurs uniques sur un blog actif doit représenter 200’000 visites. Même si on se base sur 150’000 visites ça représente un revenu par visite de moins de 0.03€, ce qui me semble correct mais pas extraordinairement haut.

Ensuite Technorati parle de blogs qui font 100’000 visiteurs uniques et plus… Tout est dans le “et plus”, si on n’a pas la limite haute on ne peut pas vraiment tirer de conclusions. Est ce que les blogs US qui ont une audience qui se compte en millions de visiteurs sont inclus ?

Dernier point, Technorati indique que le revenu médian est significativement plus bas. Ce qui veut dire que quelques blogs à très fort revenus tirent la moyenne vers le haut. Pour exagérer si je prends 100 blogueurs qui gagnent 10€ par an, 10 blogueurs qui gagnent 50’000€ et 1 qui gagne 5 millions la moyenne des revenus des blogueurs est de 50’000 euros par an… Notez que ce n’est pas très significatif…

Voilà donc un rapport qui aura illuminé la journée de certains blogueurs qui ont pensé un moment devenir très riche facilement…. Reste à devenir celui qui tire la moyenne vers le haut ! C’est comme au loto, si on joue pas on gagne pas 🙂

L’illustration vient de là

Comparaison des revenus des blogs

Juste pour comparer deux situations extrêmes.

D’un côté Vincent Abry qui gère plusieurs sites avec 372’965 visiteurs uniques en janvier pour 500’000 pages vues déclare avoir gagné $1’963 soit un CPM de $3.9 ou un revenu par visiteur de $0.005

D’un autre côté Lloyd qui gère un blog sur le forex avec 4’482 visiteurs uniques en janvier pour 11’097 pages vues déclare avoir gagné $1’020 soit un CPM de $91.9 ou un revenu par visiteur de $0.228

Lloyd est mon nouveau dieu 😉

Crédit photo 

Dailymotion, 20 millions d’Euros de revenus en 2008

Dailymotion prévoirait un CA de 20 millions d’euros en 2008. Quand j’ai lu cette ligne ça m’a paru très faible vu l’importance de la plateforme vidéo. J’ai un peu fouillé et j’ai trouvé les chiffres suivants…

Dailymotion en chiffre :

  • 42ème site mondial
  • n°2 des sites de vidéo en ligne après Youtube
  • 52-55% d’audience Française
  • 33-37 millions de visiteurs uniques (VU) par mois, 1.3 milliard de pages vues (juin 2007) –
  • 40.2 millions de VU, 1.2 milliard de pages, 667 millions de vidéos vues (novembre 2007)
  • Levées de fonds 7 millions + 25 millions (août 2007)
  • Annonce un objectif de CA de 20 millions en 2008
  • > 60 employés (pas trouvé de données)

A priori la croissance de Dailymotion va continuer à augmenter ils devrait donc avoir au minimum 700 millions de vidéos vues par mois sur 2008, soit environ 8.4 milliards sur l’année (estimation faible). Chaque vidéo rapporterait donc 0.24 centime d’euro, je ne sais pas si on parle de CPM dans les vidéos mais si c’est le cas on a un CPM de 2.38 euros sur les vidéos vues.

Si on parle en pages vues (PV), il y aura au minimum 14.4 milliards de PV ce qui donne un CPM de 1.4 euro… A comparer au $0.1 / $0.33 soit €0.07 / €0.24 de Myspace (donnée 2006 ?) et au €10 d’un portail généraliste (donnée tirée de mes divers expériences).

Remarque : J’ai pris un objectif bas en page vue, il est très probable que le nombre de pages et vidéos vues soit plus élevé. Le CPM sera d’autant plus faible.

Dailymotion a donc l’ambition de se placer entre un réseau social “fourre tout” qui génère de la page vue et un portail plus ou moins spécialisé. Leur objectif est donc cohérent.

Est ce que ça suffit pour être rentable ? La masse salariale doit être d’au moins 5 millions d’euros (s’il y a bien plus de 60 salariés), ce qui laisserait 15 millions d’euros pour payer la technique, location des locaux… A première vue je dirais que c’est suffisant pour être au moins à l’équilibre mais c’est une logistique qui me dépasse !

Qu’est ce qu’on peut tirer de tout ça ? Les plateformes vidéos ne sont pas vraiment rentables, elle génère beaucoup de volume en audience mais les revenus associés sont faibles comparé aux portails qui ont de plus moins besoin de bande passante à fournir. C’est certainement pour cette raison que certaines plateforme se sont tournées vers le BtoB (Kewego, Vpod, Scroon…).

Est ce que les challengers vont dans le mur ? La lutte sera difficile, la course à l’audience devra s’accompagner d’une course aux revenus. Les revenus sont plus importants dans le contenu pro, il faudra donc produire ou acheter des vidéos ce qui alourdit les charges et diminue les bénéfices. Des sites comme Seesmic auront du mal à gagner leur vie à moins de trouver LA source de revenue qui n’existe pas encore ou de se faire racheter 😉

Sources :

Estimer la valeur d’un site Internet (bis)

J’essaye d’estimer la valeur de mon site Internet et après de nombreuses discussions avec pas mal de gens différents j’avance dans ma réflexion.

Avant de lire il faut bien comprendre que j’estime un site Internet sur lequel je travaille seul, donc tous les bénéfices représentent mon revenu. Je n’ai pas de salarié et peu de charges en dehors de l’hébergement et de quelques factures de sous-traitances.

Un expert comptable m’a donné une méthode pour estimer rapidement l’ordre de grandeur de la valeur d’un site :

Une première approche que vous pouvez faire tout seul, si vous avez établi le bénéfice annuel de ce que vous rapporte votre site:

  •   Otez au bénéfice que vous en avez tiré, le salaire brut, – multiplié par 2,5 – , que vous verseriez à un technicien qui y aurait passé le même temps que vous.
  •   divisez le résultat obtenu par 0,0947. (Le résultat doit rémunérer l’apport au moins au taux moyen de rendement des obligations du secteur privé (0,0447) augmenté d’une prime de risque pour l’apporteur (0,05).)

Cette valeur est assez proche de la réalité si tout laisse à penser que le niveau de bénéfice sera identique durant les prochaines années …..

Cette méthode de calcul est une bonne approche si on achète un site en espérant toucher des dividendes chaque année (9.47% de rendement). Par contre elle tient compte uniquement du dernier bilan et non pas du potentiel de croissance.

En mixant un peu tout j’arrive avec 5 estimations différentes, toutes sont correctes dans leur raisonnement mais les écarts sont assez importants. Pour illustrer tout ça j’ai fait un exemple basé sur mes données mais les chiffres ont été modifiés, ce ne sont pas mes vrais revenus.

Voici le tableau d’évolution du chiffre d’affaire, des dépenses  (hébergement…) et des bénéfices. Je donne les résultats sur 3 ans et la prévision pour les 5 prochaines années :

J’estime que pour me remplacer je devrais prendre un informaticien et un analyste à temps partiel. Le tout pour un salaire de 45’000 euros annuel (c’est bien payé), soit 112’500 euros avec les charges (on multiplie par 2.5)

  • Estimation par comparaison : J’avais arbitrairement décrété 1€ de CA = 10€ de valo
    En 2007 CA = 276’135€ donc la valo est de 2’761’350€
  • Estimation par amortissement sur 5 ans : J’estime que l’investissement doit être amorti en 5 ans.
    Salaires versés sur 5 ans : 112’500 x5 = 562’500€
    Bénéfices prévus sur les 5 prochaines années : 2’385’273€
    Valo estimée = 2’385’273 – 562’500 = 1’822’773€
  • Estimation selon Expert comptable : L’investissement doit rapporter 9.47% par an
    Salaire de remplacement : 112’500€
    Bénéfices au dernier bilan : 253’772€
    Bénef réel estimé = 253’772 – 112’500 = 141’272€
    Valorisation : 141’272 / 0.0947 = 1’491’790€
  • Estimation selon expert comptable en tenant compte du potentiel de croissance sur 5 ans
    Salaire de remplacement : 112’500€
    Bénéfices moyen prévu sur les 5 prochaines années : 477’054€
    Bénef réel estimé = 477’054 – 112’500 = 364’554€
    Valorisation : 364’554 / 0.0947 = 3’849’574€
  • Estimation selon expert comptable en tenant compte du potentiel de croissance sur 2 ans
    Salaire de remplacement : 112’500€
    Bénéfices moyen prévu sur les 2 prochaines années : 366’435€
    Bénef réel estimé = 366’435 – 112’500 = 253’935€
    Valorisation : 253’935 / 0.0947 = 2’681’472€

Moyenne des valorisations :  2’481’374€

Toutes ces méthodes donnent des valorisations très différentes. Si je me mets côté vendeur je ne peux exclure le potentiel de croissance dans la valorisation j’exclue donc la méthode comptable, et du côté acheteur je peux difficilement prendre en compte une projection sur 5 ans (surtout sur Internet). La méthode par comparaison est un peu ésotérique. La dernière estimation semble un bon compromis, elle se rapproche d’ailleurs de la moyenne (et de la méthode par comparaison…).

Un achat d’un site, avec de tels résultats et une perspective de croissance continue sur au moins 2 ans, pour un peu plus de 2.6 millions d’euros devrait rapporter environ 10% par an à l’acheteur. De plus l’acheteur a la perspective de faire une plus value importante s’il revend le site dans les 2 ans.

A force de réfléchir là dessus, je pense que cette réflexion est correcte.

Dans mon cas le site est intéressant car il pourrait rémunérer des salariés et continuer à faire des bénefs pour les actionnaires. De plus le taux de croissance est important et continue depuis longtemps de qui donne des perspectives de plus values intéressantes. Je suis dans le cas idéal.

Dans le cas d’un site qui ne ferait pas de bénef après avoir payer son/ses salarié(s) la valorisation serait donc uniquement basée sur le potentiel de croissance (si en plus il n’y a pas de potentiel de croissance je ne vois pas l’intérêt de l’acheter !). Les revenus sont donc plus aléatoires puisque uniquement basés sur des projections. Il faudrait donc estimer une valeur future et déduire un rendement. C’est un peu ce qui se passe dans la valo des sites “Web2.0” qui n’ont pas encore de revenus décent mais qui sont valorisés très chers car on voit en eux un potentiel sans limite… Pure spéculation. Des fois la spéculation paye (ou pas)

Un site peut faire des bénefs sans avoir de potentiel de croissance. Dans ce cas les bénéfices devront être conséquents pour intéresser les investisseurs. Pas de croissance sur Internet = pas cool.

Vous êtes arrivés jusqu’au bout sans mal de tête ?