Les pervers du nofollow

Nofollow est apparu en 2005 pour contrer le spam sur les blogs. L’ajout de l’attribut “rel=”nofollow”” sur un hyperlien permet de mentionner aux moteur de recherche de ne pas suivre le lien car il peut s’agir d’un spam.

Rapidement cet attribut est devenu un outil utilisé par les webmasters pour tenter de contrôler le pagerank. Google a aussi encouragé l’usage du nofollow sur les liens publicitaires.

Jusque là c’est un usage intelligent permettant de stériliser le spam et de contrôler un peu le poids des différentes pages d’un site dans les moteurs de recherche. Puis sont venus de vils webmasters qui ont abusé du nofollow.

Pour les démasquer j’utilise l’extension de firefox Edit Config Files qui permet de mettre en évidence les liens incriminés. Grâce a cette extension vous pouvez rajoutez les lignes suivantes dans le fichier userContent.css :

a[rel~=”nofollow”]
{
background-color: red !important;
color: white !important;
font-weight: bold !important;
text-decoration: none !important;
}

Et là, comme par magie les liens en nofollow deviennent rouges comme ça : Exemple de liens nofollow

Le pervers en chef est Google lui même sur son blog officiel. La plupart des liens sont “normaux” sauf dans la blogroll. Les auteurs du blog on décidé que les liens des blogs qu’il lisent ne devaient pas être pris en compte par les moteurs de recherche, seuls les liens des Googlers peuvent prétendre recevoir un peu de pagerank de la part de Google. Il n’y a ni spam, ni lien publicitaire, ces liens sont pertinents mais Google garde jalousement son pagerank pour la famille.

On reste chez Google mais dans les pages finance. Cette fois les nofollow sont attribués aux liens des news illustrant les actions. Là encore ce sont des liens très pertinents qui mériteraient d’être suivis par les moteurs de recherche.

Il n’y a pas que Google qui soit pervers. Du côté de chez nous on trouve Rue89. Sur la homepage de rue89 on trouve une liste de liens intitulée “Ailleurs”. Ce qui est amusant ici c’est que les liens “normaux” sont mélangés aux liens à ne pas suivre. Une sorte de mixité sociale ? Chez les blogs pourquoi le lien vers Kiwis est déclaré propre à google alors que Versac, Guy Birenbaum ou le Journal d’un avocat non ? Pourquoi le financial times a un lien normal et pas la BBC ? Copinage, échange de liens, autre raison ? A sa décharge les liens dans les articles n’ont pas de nofollow contrairement à médiapart qui, en qualité de dernier arrivé, souhaite se faire une part au soleil en emmagasinant du pagerank.

Je ne parle pas de Wikipedia qui a décidé de ne plus laisser un lien sortir sans nofollow. Cette politique lui permet de devenir un trou noir du web, aspirant le pagerank sans en redistribuer (expression trouvée sur le web).

Le nofollow est devenu un outil pervers car invisible à la plupart des internautes. Il permet de se donner une image de “chuis cool je fais des liens vers de sites concurrents” tout en permettant de stériliser ses liens. Le pagerank est le pétrole du web, ça ne se donne pas gratuitement.

PS : Oui, je sais, j’ai mis quelques nofollow dans cet article et j’en use parfois 🙂

re-PS : Question subsidiaire : avec un nofollow est ce que Eric aurait été aussi poursuivi à cause de son lien ?

10 Replies to “Les pervers du nofollow”

  1. cet addon tres interessant n’est plus téléchargeable en ce moment 🙁

    ton article est très pertinent et illustre une nouvelle déviance du web !!

  2. Très intéressant cet article..
    Je suivrai avec intérêt les réactions dans les commentaires.
    Il est vrai que le PR est source de convoitise et jalousie et que pas mal de blogueurs n’aiment pas distribuer des backlinks…

    Et c’est dommage, mais on constate que certains ont l’esprit fourbe….Dommage! L’appât du gain y est pour beaucoup…

    Pour le cas Eric, dur à dire…Ce matin, j’ai lu un article sur Techcrunh assez intéressant, “Les flux RSS et la vie privé”. 2 affaires identiques, jugées à 10 jours d’intervalles, 2 décisions (verdicts) différentes…

    Enfin, la blogosphère ressemble de plus en plus à Dallas (vu de l’intérieur) et de plus en plus à Voici (vu de l’extérieur)…

  3. La meilleure stratégie sur le web est d’être ouvert : fournir du contenu et des liens.
    Au plus on donne, au plus on reçoit.

  4. Plus dur encore à repérer, mais déjà vu par hasard sur une boutique qui avait une page partenaire : Tous les liens (donc internet) vers cette page étaient (sont) en nofollow, dont pas moyen que le moteur y aille et comme ça ce webmaster n’avais pas a nofollower les liens sortants de celle ci. Avantage : pouvais dire a ses “partenaire” : moi je te fait un vrai lien snas nofollow (lui vous dira que ça allège la page).

  5. Alban, en général je vérifie que la page des liens existe dans Google et qu’il n’y a pas de cloacking sur cette page. C’est presque imparable.
    Avec cette technique je trouve beaucoup de pages “partenaires” inexistantes dans les moteurs.

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